Sur la mousse | On the moss

Il marcha en ligne droite pour sortir de la forêt où il s’était perdu. Fatigué, il se coucha sur la mousse pour se reposer.

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He walked a straight line to get out of the woods where he was lost. Later. he laid down on the moss to rest.

Homme qui dort2
André Clouâtre, Homme qui dort en forêt, Acrylique sur toile, 12” x 12”, 2018.

Coeur archaïque | Archaic heart

Coeur archaïque et omnirésonnant. J‘ai relevé cette expression dans le livre de Filippo Palumbo, Un thé avec le chapelier fou (Nota Bene, 2018). Il s’agit de la force et de la simplicité du cœur originel, de cet état de conscience sans peur et sans a priori qui permet l’exploration de sa vie jusqu’aux portes du néant.

J’en ai fait une sorte de graffiti sur une vielle tôle, que j’ai trouvée enfouie dans l’humus, près d’une remise abandonnée sise en forêt. Trouée et bosselée, elle porte l’empreinte émouvante du labeur des hommes qui s’en sont servis, puis qui l’ont jetée à l’oubli.

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Archaic and omni receptive heart. I noticed this expression in Filippo Palumbo’s book, Un thé avec le chapelier fou (Nota Bene, 2018). It is an evocation of the strength and simplicity of the earliest heart, the fearless state of mind which allows one to explore his life near the doors of nothingness.

I did a graffiti with these words, on a piece of metal sheet that I found buried in the humus, close to an abandoned shed in a forest. I was moved by this punctured and embossed artefact which bears the trace of the men who have used it and thrown it away into oblivion.

Coeur archaïque
André Clouâtre, Coeur archaïque, Peinture sur métal vissé sur contreplaqué, 24” x 24”, 2018

Été 2017 | Summer 2017

Je suis un convive qui a attendu très longtemps à la table de Mère nature avant que l’été ne lui soit enfin servi. Un été austère sur un fond d’air frais, avec de bonnes doses de soleil, des saveurs florales et  la légèreté des chants d’oiseaux. C’est ainsi que je goûte l’été au chalet dans le Nord, en compagnie de ma femme, faisant des activités de plein air et en recevant des amis.

En peinture, je m’adonne à deux plaisirs. Le matin, je peins à l’aquarelle la forêt devant le chalet lorsque le soleil illumine en contre-jour les sapins baumiers près du lac. Il y a aussi le plaisir de l’abstraction. Je génère des tableaux en énumérant des propositions  qui se contredisent entre elles, qui affirment une chose et son contraire. Ma pensée n’est pas tout à fait claire mais je sens qu’elle me porte vers les vertiges que l’appréhension du réel me donne.

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I have been waiting for quite a long time at the table of Mother nature before the summer is served. It is an austere summer of fresh air, with good doses of sun, floral flavours and the lightness of bird songs. I spend a good part of it in the northern country, with my wife, doing outdoor activities and meeting friends.

In painting, I experienced two pleasures. There is the morning pleasure of watercolor when I sketch the forest in front of the cottage when the sun backlights the firs growing close to the lake. There is also the pleasure of doing abstract painting.  I enumerate propositions which contradict themselves,  propositions which state something and its contrary.  My thinking underneath this painting is not completely clear but I feel that it leads me towards a vertigo that the grasp of reality gives me.

 

 

Dessins de forêt | Forest sketching

Il y a cinq ou six ans, lorsque je dessinais ou peignais à l’aquarelle une forêt sous un soleil du matin , je m’efforçais de représenter la beauté du paysage. Mentalement, je prolongeais le ressenti du premier regard de la scéne. Je reconnaissais la séduction que la Nature opérait sur moi.

Le temps passant, j’ai développé une autre perspective. La forêt m’apparaît comme une abstraction, une énumération  infinie de genres et d’arrangements. En dessinant, je me concentre sur certains individus avec lesquels je privilégie l’interaction. Sur ce sujet, j’aime beaucoup ces vers de Charles Baudelaire:
La Nature (…)
L’homme y passe à travers une forêt de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.  (Correspondances, Fleurs du mal, 1857)

Vingt-trois images suivent.

Five or six years ago,  when I was sketching or water-coloring a forest, I was trying hard to represent the beauty of a landscape. Mentally, I was endeavoring to keep the initial feeling of seduction that I got when I first look at the scene as an idealized beauty.

Progressively I developed another perspective. I now look at a forest as an abstraction: an enumeration consisting in infinite nature types and arrangements. When drawing, I focus on specific individuals of the forest and I interact  with them. On this subject, I like very much these  verses of the poem Correspondences by Charles Baudelaire:
Nature (…)
Man crosses it through forests of symbols
Which watch him with intimate eyes.    (translation by G. Wagner)

Click to enlarge the images.

 

Forêt, le matin | Forest, at morning

André Clouâtre, Forêt , le matin, Aquarelle, 26 x 23 cm ( 10 x 9 po), 2012

Je peins jour après jour, au soleil levant, cette forêt du Nord que Juillet 2012 réchauffe.
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I paint, day after day, facing the rising sun, this Nordic forest that July 2012 warms up.