Sur la mousse | On the moss

Il marcha en ligne droite pour sortir de la forêt où il s’était perdu. Fatigué, il se coucha sur la mousse pour se reposer.

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He walked a straight line to get out of the woods where he was lost. Later. he laid down on the moss to rest.

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André Clouâtre, Homme qui dort en forêt, Acrylique sur toile, 12” x 12”, 2018.

Coyōtl/Éternel retour |Visite virtuelle|Virtual tour

Récemment se tenait à la Galerie Espace de Montréal l’exposition Coyōtl/Éternel retour. Voici une visite virtuelle de cette exposition. Cliquez ici.
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You can visit the Coyōtl/Éternel retour exhibition that was recently held at Galerie Espace in Montreal. Just click here.

Gracieuseté de Michael Lewin

Exposition «Éternel retour», 19-25 septembre 2018

Je poursuis l’aventure en présentant du 19 au 25 septembre à la Galerie Espace mes tableaux les plus signifiants des deux dernières années. Si vous lisez ces lignes considérez-vous invité à venir voir notre exposition; j’écris “notre” car je la ferai conjointement avec Amielle Clouâtre, ma fille, qui présentera un nouvel ensemble de photographies. Un portfolio et une très juste description du travail d’Amielle par Marie-Ange Cossette-Trudel se trouvent sur amielleclouatre.com .

J’ai deux groupes de tableaux à montrer. Il y a des tableaux peints sur toile ou sur métal qui représentent par énumération l’infini de l’univers, du double point de vue du format et du jeu. L’autre groupe consiste en des œuvres sur papier qui sont des cristallisations picturales de ma réflexion sur la volonté de vivre.

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I will show my most important paintings of the last two years at Galerie Espace, from September 19 to 25. Consider yourself as invited if you read this. This is a joint exhibition with Amielle Clouâtre, my daughter. A portfolio of Amielle’s work and a meaningful text by Marie-Ange Cossette-Trudel can be found at amielleclouatre.com.

I have two groups of paintings to show. There are paintings on canvas or metal which represent the infinity of the universe as enumerative games. The other group comprises large coloured drawings on paper which are cristallisations of my thoughts on the will to live.

Les adresses de l’univers |Universe addressing

ELLE et LUI jouent aux adresses de l’univers. La règle du jeu est simple. Il s’agit de désigner par une adresse toute particule, toute idée ou tout fragment d’idée de l’univers. Mais comme l’univers est «une substance consistant en une infinité d’attributs dont chacun exprime une essence éternelle et infinie» [1], c’est un jeu extrêmement déstabilisant pour ceux qui le pratiquent. Par prudence ELLE et LUI contiennent leur ambition et ne considèrent que six attributs. Ils arrivent après sept coups à désigner tout ce qui s’exprime par six attributs. (…)

[1] Définition de Dieu dans L’Éthique de Spinoza, publ. 1677.

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ELLE et LUI play to universe addressing. The rule is simple. All universe addresses, which are unique to every particle or idea or idea fragment, must be expressed. Since the universe is “a substance consisting of an infinity of attributes, of which each one expresses an eternal and infinite essence” [2], this game can be extremely destabilizing for the players. Prudent, ELLE et LUI limit their ambition to only six attributes and succeed to grasp all six-attributes addresses in seven plays. (…)

[2] Definition of God in Spinoza’s Ethics, publ. 1677.

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André Clouâtre, Les adresses de l’univers, Acrilyque sur tôle, 18” x 18”, 2018

Coeur archaïque | Archaic heart

Coeur archaïque et omnirésonnant. J‘ai relevé cette expression dans le livre de Filippo Palumbo, Un thé avec le chapelier fou (Nota Bene, 2018). Il s’agit de la force et de la simplicité du cœur originel, de cet état de conscience sans peur et sans a priori qui permet l’exploration de sa vie jusqu’aux portes du néant.

J’en ai fait une sorte de graffiti sur une vielle tôle, que j’ai trouvée enfouie dans l’humus, près d’une remise abandonnée sise en forêt. Trouée et bosselée, elle porte l’empreinte émouvante du labeur des hommes qui s’en sont servis, puis qui l’ont jetée à l’oubli.

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Archaic and omni receptive heart. I noticed this expression in Filippo Palumbo’s book, Un thé avec le chapelier fou (Nota Bene, 2018). It is an evocation of the strength and simplicity of the earliest heart, the fearless state of mind which allows one to explore his life near the doors of nothingness.

I did a graffiti with these words, on a piece of metal sheet that I found buried in the humus, close to an abandoned shed in a forest. I was moved by this punctured and embossed artefact which bears the trace of the men who have used it and thrown it away into oblivion.

Coeur archaïque
André Clouâtre, Coeur archaïque, Peinture sur métal vissé sur contreplaqué, 24” x 24”, 2018

Conversations muettes|The others

 

J’ai de longues conversations muettes avec vous. Sans cela, je ne serais animé que par mon instinct de survie et j’errerais comme un animal dans la forêt.

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The others. I have numerous mute  conversations with them where I become myself. Without that, I would be like a solitary animal in search of food.

Les autres 12 février2018
André Clouâtre, Les autres 12 février 2018, Acrylique sur papier, 48” x 36”, 2018

Été 2017 | Summer 2017

Je suis un convive qui a attendu très longtemps à la table de Mère nature avant que l’été ne lui soit enfin servi. Un été austère sur un fond d’air frais, avec de bonnes doses de soleil, des saveurs florales et  la légèreté des chants d’oiseaux. C’est ainsi que je goûte l’été au chalet dans le Nord, en compagnie de ma femme, faisant des activités de plein air et en recevant des amis.

En peinture, je m’adonne à deux plaisirs. Le matin, je peins à l’aquarelle la forêt devant le chalet lorsque le soleil illumine en contre-jour les sapins baumiers près du lac. Il y a aussi le plaisir de l’abstraction. Je génère des tableaux en énumérant des propositions  qui se contredisent entre elles, qui affirment une chose et son contraire. Ma pensée n’est pas tout à fait claire mais je sens qu’elle me porte vers les vertiges que l’appréhension du réel me donne.

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I have been waiting for quite a long time at the table of Mother nature before the summer is served. It is an austere summer of fresh air, with good doses of sun, floral flavours and the lightness of bird songs. I spend a good part of it in the northern country, with my wife, doing outdoor activities and meeting friends.

In painting, I experienced two pleasures. There is the morning pleasure of watercolor when I sketch the forest in front of the cottage when the sun backlights the firs growing close to the lake. There is also the pleasure of doing abstract painting.  I enumerate propositions which contradict themselves,  propositions which state something and its contrary.  My thinking underneath this painting is not completely clear but I feel that it leads me towards a vertigo that the grasp of reality gives me.

 

 

Dessins de forêt | Forest sketching

Il y a cinq ou six ans, lorsque je dessinais ou peignais à l’aquarelle une forêt sous un soleil du matin , je m’efforçais de représenter la beauté du paysage. Mentalement, je prolongeais le ressenti du premier regard de la scéne. Je reconnaissais la séduction que la Nature opérait sur moi.

Le temps passant, j’ai développé une autre perspective. La forêt m’apparaît comme une abstraction, une énumération  infinie de genres et d’arrangements. En dessinant, je me concentre sur certains individus avec lesquels je privilégie l’interaction. Sur ce sujet, j’aime beaucoup ces vers de Charles Baudelaire:
La Nature (…)
L’homme y passe à travers une forêt de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.  (Correspondances, Fleurs du mal, 1857)

Vingt-trois images suivent.

Five or six years ago,  when I was sketching or water-coloring a forest, I was trying hard to represent the beauty of a landscape. Mentally, I was endeavoring to keep the initial feeling of seduction that I got when I first look at the scene as an idealized beauty.

Progressively I developed another perspective. I now look at a forest as an abstraction: an enumeration consisting in infinite nature types and arrangements. When drawing, I focus on specific individuals of the forest and I interact  with them. On this subject, I like very much these  verses of the poem Correspondences by Charles Baudelaire:
Nature (…)
Man crosses it through forests of symbols
Which watch him with intimate eyes.    (translation by G. Wagner)

Click to enlarge the images.