Allégorie | Allegory

If you want to know why I called this painting Allegory, read on.

Une voix insistante me disait : « Il n’y a pas d’autre issue. Tu dois terminer ce tableau. Même si tu dois y travailler pendant dix ans. »

Lorsque je croyais avoir terminé, une autre voix, encore plus autoritaire que la première, me disait : « Non! Je n’aime pas ton tableau. Continue! »

Je m’étais aventuré dans cet atelier de peintre sans me douter des tourments que j’y vivrais. Comme celui qui se promène dans une forêt dense et qui s’y perd. Il n’a d’autre choix que d’avancer avec l’espoir qu’un rayon de lumière vienne lui montrer un chemin pour s’en sortir.

Je peignais obstinément. J’étendais de la couleur, je l’aspergeais d’eau et je la faisais couler. Je m’éloignais et je regardais. Après une des nombreuses passes de transformation du tableau, deux formes d’animaux de couleur rougeâtre me sont apparues au haut du tableau. À ce moment-là, j’écoutais la fascinante allégorie des chevaux ailés du Phèdre de Platon. J’étais saisi par le souffle poétique du récit mythologique de Platon sur la nature de l’âme. Je me suis alors ancré à ces deux formes que je voyais comme les représentants des chevaux de l’allégorie. J’ai fait plusieurs autres passes d’ajustement mais j’ai conservé ces deux formes simili-équines jusqu’à ce que les voix se taisent, ce qui a marqué la finalisation du tableau.

Image en vedette: Attelage ailé, Acrylique sur toile, 27 x 27 po (69 x 69 cm), 2021

Le sujet principal du Phèdre est l'amour et le long passage de l'allégorie de l'attelage ailé débute ainsi:

Pour montrer ce qu’elle est, il faudrait une science absolument divine et une explication très étendue. Mais, pour se figurer ce que peut être cette âme, une science humaine et une explication plus restreinte suffisent. Nous parlerons en suivant ce dernier point de vue.  Supposons donc que l’âme ressemble aux forces combinées d’un attelage ailé et d’un cocher. Tous les chevaux et les cochers des dieux sont bons et de bonne race ; ceux des autres êtres sont formés d’un mélange. Chez nous d’abord, le chef de l’attelage dirige deux chevaux ; en outre, si l’un des coursiers est beau, bon et de race excellente, l’autre, par sa nature et par son origine, est le contraire du premier. Nécessairement donc la conduite de notre attelage est difficile et pénible.  
https://fr.wikisource.org/wiki/Ph%C3%A8dre_(Platon,_trad._Meunier) 

If you want to know why I called this painting Winged horses, read on.

An impelling voice said to me:  » There is no other way out. You have to finish this painting. Even if you have to work on it for ten years. »

When I thought I had finished, another voice, even more authoritative than the first, said to me: “ No! I don’t like your painting. Keep on painting. « 

I had ventured into this painter’s studio without suspecting the torments I would experience there. Like someone who wanders into a dense forest and gets lost. I had no choice but to move forward in the hope that a ray of light would show me a way out.

I painted stubbornly. I spread color, I sprinkled water on it and I let it flow. I stood back and looked. After one of the many transformation passes that I made, in the resulting confusion, two reddish-colored animal shapes appeared to me at the top of the painting. At that time, I was listening to the fascinating allegory of the winged horses of Plato’s Phaedrus. I was gripped by the poetic breath of Plato’s mythological account of the nature of the soul. I then anchored myself to these two forms which I saw as the representatives of the horses of the allegory. I made several more adjustment passes afterwards, but I kept these two simile-equine shapes until the voices fell silent, which marked the finalization of the painting.

Featured image: Winged horses, Acrylics on canvas, 27 x 27 in. (69 x 69 cm), 2021

The main subject of the Phaedrus is love, and the long passage of the allegory of the winged horses begins like this:

Of the nature of the soul, though her true form be ever a theme of large and more than mortal discourse, let me speak briefly, and in a figure. And let the figure be composite—a pair of winged horses and a charioteer. Now the winged horses and the charioteers of the gods are all of them noble and of noble descent, but those of other races are mixed; the human charioteer drives his in a pair; and one of them is noble and of noble breed, and the other is ignoble and of ignoble breed; and the driving of them of necessity gives a great deal of trouble to him. 
https://en.wikisource.org/wiki/Phaedrus

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