Un voyage | A journey

Est-ce qu’il y a espoir d’une vie meilleure pour ces oiseaux migrateurs ? Ils savent qu’ils doivent partir. Ils le savent par instinct, par mémoire du passé et par transmission, les plus vieux l’ayant dit aux plus jeunes.

Ils  volent de nuit pour ne pas être vus. Ils n’ont pas connaissance des forêts calcinées, des eaux souillées et de la désolation urbaine. Et là, ils arrivent à la montagne brune. Ils ont tout vu de ce côté-ci. De l’autre côté, c’est l’inconnu. Ils aimeraient y trouver de la beauté, de l’air frais et de l’eau claire. Mais rien n’est moins sûr.

C’est la fable moderne de la méfiance envers tout. Je n’ai besoin de personne. Je suis le seul dont la chair est rose et qui est franc et droit.  Je ne rends des comptes qu’à moi-même pour toute pensée, action ou complicité à la souillure universelle.

Pendant ce temps, je peins un tableau. J’entre dans un labyrinthe de pensées : le thème du tableau, l’invisible que je fais apparaître et mon rapport aux autres. Difficile d’en sortir. J’avance dans un dédale de décisions et je me retrouve pendant longtemps plus près de l’entrée que de la sortie. Le temps passe, c’est sans importance, car je l’écrase et l’oublie.

Soudainement, le tableau me plaît. Je ne peux l’expliquer. C’est toutefois un sentiment fragile. Je pourrais tout reprendre en voulant corriger un détail. Je peux être ainsi le pire ennemi de ma quiétude.  


Featured | Image en vedette; André Clouâtre, Un voyage, Huile sur toile, 36 x 52 po (92 x 132 cm), 2025.



Is there hope of a better life for these migratory birds? They know they have to leave. They know it by instinct, by memory of the past and by transmission, the older having told the younger.
They fly at night so as not to be seen. They are unaware of burnt forests, tainted waters and urban desolation. And then they arrive at the Brown Mountain. They’ve seen it all on this side. The other side is unknown. They’d like to find beauty, fresh air and clear water. But nothing is certain.
It’s the modern fable of mistrust in everything. I don’t need anyone. I’m the only one whose flesh is pink and who is frank and upright. I am accountable only to myself for any thought, action or complicity in universal defilement.
Meanwhile, I paint a picture. I enter a labyrinth of thoughts: the theme of the painting, the invisible I’m bringing to light, and my relationship with others,. It’s hard to get out. I move forward in a maze of decisions, and for a long time find myself closer to the front door than to the exit. Time passes, but it doesn’t matter, because I crush it and forget it.
Suddenly, I like my painting. I can’t explain it. But it’s a fragile feeling. I could take it all back if I wanted to correct a detail. I can be the worst enemy of my peace of mind.


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